Marion Harduin
BiographieÉtude d'une Oeuvre | Oeuvres Disponibles
 

Note d’atelier, mars 2018

“Avec titre”

J’ai longtemps refusé les titres car je souhaitais donner libre court à l’imagination du regardeur. Confronté aux oeuvres, perplexe, ne pouvant se référer qu’à l’histoire de la peinture et à première vue, seulement à la présence des éléments du langage de l’oeuvre : espace - ligne - couleur - matière. Le projet participatif d’enregistrements sonores Raconte-moi…m’a permis d’engager un échange plus soutenu avec le public et m’a incitée à me livrer davantage.

Tables’ tears, est ma première oeuvre avec titre, présentée en 2016,  lors de l’exposition solo Temporary Spaces, accompagnée de peintures, dessins, enregistrements sonores, photographie et d’un texte.  Sur un kleenex des signes bleus apparaissent : ce qui semble être des tables aux pieds mouvants, davantage représentées à l’envers que dressées debout, leurs pieds bougent comme des cils, et ce motif-tables coule comme des larmes...Cette oeuvre atypique reprend des thèmes abordés dans ma démarche tels les structures-objets et l’étrangeté. Les structures sont fréquemment en suspens, esquissées elles sont dans un état temporaire, dans un mouvement de transformation. Depuis les “Sans titre” ont été substitués par des titres où il est question d’humour (“Sans toit”), de rapport à l’espace (“Ni ici ni là bas”), d’émotions (“Scary”), de mouvements (“Under Construction”) . En somme, un carnet de bord relatant mon expérience au monde, une forme d’autoportrait ?

Cet espace fictif qu’est le tableau est souvent ambigu : illusion de profondeur ou planéité ? Séduction ou expression ? Voire brutalité ? Rêve ou cauchemar ? Le champ des possibles reste ouvert. Il s’agit d’accepter d’être dans cet état d’incertitude que je crée par le processus créatif adopté. Le lâcher-prise occupe une place importante dans cette “activité passive”.  Il s’agit de ressentir la joie de l’expérience de l’inconnu, de l’étrangeté et du questionnement qui l’accompagne. La ligne vagabonde existe par la poésie et la résilience de cette écriture qui se poursuit depuis de nombreuses années et qui ne cède pas malgré son apparente fragilité. Dans ce paysage du Paris historique de Montmartre, lieu de mes années lycée où je réalisais des gravures en noir et blanc, l’exposition Space in between à la YAM Galerie regroupe un ensemble de dessins et de peintures produites entre 2011 et 2018.



 

Exposition Personnelle de Marion Harduin " Space in Between "
du 15 au 29 Mars 2018

 
Ce vernissage a été un moment de partage. Une oeuvre participative a été réalisée tout au long de la soirée par les invités. Cette performance faisait écho au travail de Marion sur les réseaux et les connexions dans l'espace. C'était jouissif de planter des clous et relier ensemble ces fils de couleur. Ce travail en commun à l'initiative de Marion Harduin a créé du lien social entre des personnes qui ne se connaissaient pas et, à la fin, parlaient et riaient ensemble. En parallèle, il était aussi possible au cours de la soirée, de s'isoler dans sa bulle, loin des bruits de marteau et des rires, avec des casques mis à disposition qui coupaient du reste du monde. Des extraits d'interview de Marion Harduin et Sophie Roussard expliquant l'exposition étaient diffusés. Les personnes pouvaient alors se créer un moment privilégié quand elles le voulaient, pour comprendre et se rapprocher des oeuvres de l'artiste. C'était un vernissage tout en rythme où l'invité trouvait lui-même la place qui lui convenait au sein de l'espace d'exposition.